Gerry Adams, ancien dirigeant du parti nationaliste irlandais Sinn Féin, a comparu lundi à la Haute Cour de Londres dans un procès civil inédit. Trois victimes d’attentats à la bombe commis par l’Armée républicaine irlandaise (IRA) l’accusent d’avoir été impliqué dans certains de ces actes.
Agé de 77 ans, Gerry Adams a toujours nié avoir eu un rôle actif au sein de l’IRA. Selon lui, il fait l’objet d’une « campagne de diabolisation » menée par « l’establishment britannique ». Dans un message publié en février dans le journal nord-irlandais Andersonstown News, il a insisté : « Je n’ai eu aucune implication, directe ou indirecte, dans ces attentats ».
Les trois plaignants – John Clark, Jonathan Ganesh et Barry Laycock – ont été victimes d’attentats en Angleterre entre les années 1970 et 1990. John Clark avait été blessé lors de l’attentat à la bombe du tribunal de l’Old Bailey à Londres en 1973. Jonathan Ganesh et Barry Laycock ont été touchés par les attaques à la bombe des Docklands de Londres et du centre commercial Arndale à Manchester, toutes deux survenues en 1996. Ces attentats avaient provoqué la mort de trois personnes et de nombreux blessés.
Les victimes accusent Gerry Adams d’avoir été « directement responsable » de certaines décisions de l’IRA et d’avoir « agi avec d’autres dans le but de mettre à exécution un plan pour bombarder le territoire britannique ». Ils demandent une livre symbolique (environ 1,20 euro) pour les dommages et intérêts.
« Pour la première fois, M. Adams comparait en personne devant un tribunal anglais et sera interrogé par les victimes sur son rôle présumé dans la campagne terroriste de l’IRA », a précisé l’avocat des plaignants, Matthew Jury. Le procès devrait durer jusqu’au 17 mars.
Ce procès est suivi de près car il pourrait établir un précédent : jamais auparavant un ancien dirigeant politique nord-irlandais n’avait été tenu responsable civilement pour des actes attribués à l’IRA.
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