La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis a provoqué une onde de choc à travers le monde. En Afrique, et particulièrement dans le Sahel, cet événement est suivi avec une grande attention. Les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Mali, le Burkina Faso et le Niger y voient bien plus qu’un simple épisode de politique latino-américaine : ils y perçoivent une remise en cause profonde du principe de souveraineté des États.
Une opération qui inquiète les capitales sahéliennes
Pour les dirigeants du Sahel, l’arrestation publique d’un chef d’État en exercice par une puissance étrangère constitue un précédent grave. Même si le régime de Nicolás Maduro est controversé sur la scène internationale, l’intervention directe des États-Unis soulève, selon eux, une question fondamentale : jusqu’où une grande puissance peut-elle aller pour imposer sa vision politique à un autre pays ?
Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les autorités ont rappelé leur attachement au respect de la souveraineté nationale et du droit international. Elles estiment que les différends politiques doivent être réglés par le dialogue, la médiation ou les institutions internationales, et non par des actions militaires unilatérales.
Un écho particulier dans une région marquée par les ingérences
La réaction des pays du Sahel s’explique aussi par leur propre vécu. Depuis plusieurs années, ces États dénoncent des pressions extérieures, des sanctions économiques et des tentatives d’ingérence dans leurs choix politiques et sécuritaires. La situation du Venezuela fait ainsi écho à leurs propres inquiétudes : celle de voir la souveraineté des États fragilisée lorsque leurs décisions ne correspondent pas aux attentes des grandes puissances.
Pour l’AES, l’affaire Maduro montre que même un État reconnu sur la scène internationale peut être exposé à une intervention directe s’il est considéré comme un adversaire stratégique.
Le message perçu derrière l’action américaine
Dans les capitales sahéliennes, l’opération américaine est interprétée comme un message clair : aucun régime n’est totalement à l’abri s’il défie ouvertement les intérêts des États-Unis. Ce signal est perçu comme un avertissement adressé non seulement à l’Amérique latine, mais aussi à d’autres régions du monde, dont l’Afrique.
Cette démonstration de force renforce, aux yeux des dirigeants de l’AES, l’idée que les relations internationales sont de plus en plus dominées par le rapport de force, parfois au détriment du droit international et du multilatéralisme.
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