Les négociations entre la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du M23 ont repris la semaine dernière à Doha, mais des obstacles persistants menacent la conclusion d’un accord de paix global. Ce cycle de pourparlers intervient un mois après la signature de la Déclaration de principes, un accord de cessez-le-feu entre Kinshasa et une coalition de groupes armés.
Malgré la médiation internationale du Qatar, des questions essentielles restent non résolues, notamment la libération des prisonniers, le contrôle des territoires et la confiance mutuelle. Selon une source diplomatique, la délégation du M23 se concentre prioritairement sur la libération de ses membres détenus plutôt que sur la négociation d’un accord global, tandis que Kinshasa reste prudent sur les concessions à accorder sans garanties.
Le projet d’accord soumis par le Qatar prévoit une feuille de route progressive : rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones rebelles sous supervision d’une « Force spéciale intérimaire » de cinq ans, dialogue national en 2025, élections régionales en 2027 et création d’une commission vérité et réconciliation. Mais ce plan suscite des contestations : Kinshasa craint que la force spéciale ne compromette sa souveraineté, et le M23 refuse de restituer les territoires conquis.
Le rôle du Rwanda reste un point sensible. Kinshasa et l’ONU accusent Kigali de soutenir le M23, allégation démentie par le Rwanda. La présence du M23 dans plusieurs localités, dont Goma et Bukavu, entretient la suspicion et alimente les doutes sur la volonté réelle des rebelles de parvenir à une paix durable.
Les analystes soulignent que la méfiance entre la RDC et le Rwanda complique tout règlement. Les rebelles semblent exploiter la poursuite des affrontements pour renforcer leur position, tandis que des voix comme celle du Conseil interreligieux du Congo appellent à des concessions progressives pour reconstruire la confiance.
Le conflit a déplacé 7 millions de personnes et constitue l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. La réussite des négociations dépendra autant de la volonté des parties congolaises que de la coopération régionale pour instaurer une paix durable.
Laisser un commentaire